jeudi 29 décembre 2011

Après-midi de congé


Congé cet après-midi = perte de temps.

C'est la dernière fois (en 2011) que je vous ennuie avec mes trucs, promis!

***

J'ai monté ce truc en quelques heures, pour voir ce que ça donnerait, pour explorer des possibilités. C'est une bande-annonce bien informelle... N'hésitez pas à me dire si c'est nul ;)

mercredi 28 décembre 2011

Couvertures

Écrire est un acte solitaire. 

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Publier est un compromis.

***

Parce que je vous aime beaucoup, je vous présente les couvertures des deux premiers tomes d'Averia...




Dites-moi ce que vous en pensez :)

lundi 26 décembre 2011

Chiffres

Averia tome 1 en chiffres
mots: 82 236
pages: 365
versions différentes: 6
nombre de fois où je suis passé à ça de tout abandonner: 2
date à laquelle tout a commencé: 10 avril 2009
nombre de personnages rebaptisés en cours de route: 3
nombre de fichiers de notes/backups dispersés sur disques/clés USB: 34
nombre de refus: 10
nombre de repas sautés: 4
nombre de repas-minute préparés à la va-vite (ce qui inclus sac de chips ou autre grignoté en vitesse ) : 72
nombre de boissons énergisantes consommées: 32 (Ne consommez pas, les jeunes. C'est pas beau)
nombre d'amis qui ont mis la main à la pâte, à un degré ou à un autre: 7
nombre d'écoutes en boucle de Echoes de Pink Floyd: incalculable (Trop! d'après Copine)
nombre de fois où Copine m'a reproché d'être encore en train d'écrire!! : 0
nombre de bébés conçus pendant la rédaction de ce roman: 1
nombre de tentatives: ben là...
nombre de rêves accomplis: 1 (and counting...)

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nombre de lecteurs: à venir ;)

jeudi 22 décembre 2011

Sous la surface

-Ouin, t'en a des secret, toi.

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L'Avis d'Expulsion a toujours été mon petit coin sombre. Je l'ai toujours voulu transparent.

Mais je ne suis plus seul à décider de tout.

Des trucs remuent sous la surface. J'ai l'air de dormir sous la vase avec les grenouilles, mais, je vous assure, je nage très fort.

Seulement, je ne peux tout vous dire pour l'instant.

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-Tes secrets contre un de mes chocolats lindor.
-Non.
-Contre un beigne.
-Pas plus. Je dois réellement respecter la volonté des autres acteurs impliqués dans...
-Même si c'est une roue de tracteur?
-...
-Pour toi, j'vais en prendre un trempé dans le chocolat.
-Naon! j'ai dit. C'est comme l'Amour pis les dinosaures, ça. Personne peut acheter mon intégrité.
-J'suis sûr que tu dirais pas non à... une bonne nuit de sommeil!
-Peut-être. Mais je doute que ce soit en ton pouvoir...
-Peut-être... mais je peux aussi t'assommer...
-...
-Alors...?
-Ok pour le chocolat... :(

samedi 17 décembre 2011

Qui viendrait?

Côté organisation, je suis du genre à appeler la veille ou la journée même, de lancer l'invitation en cinq mots («Pizza à soir chez nous?»), puis de rester très surpris que les évènements que je prévois n'aient pas le succès que je leur imagine.

***

J'envoyais un e-mail à une amie pour savoir si elle avait des idées d'un endroit pour le lancement de mes deux premiers bouquins.

«Qui vient, combien, où, quand, quel est ton budget?» me répond-elle.

Euh...

Le seul élément dont je suis sûr, c'est que, pour le moment, le budget avoisine le zéro ;)

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Je sais que famille et amis se presseront par milliers pour assister à mon lancement, mais qu'en est-il de vous, lointains collègues et lecteurs?

Qui viendrait au lancement d'Averia si c'était un samedi glacé de février, dans un endroit mystérieux, hébergé quelque part dans les distantes localités de Granby-Cowansville-Bromont (triangle de villes au centre duquel je me terre sous ma hutte, avec Copine, chats et chien)?

lundi 12 décembre 2011

Ce gars-là

Vous savez de qui je parle.

Le gars dont le blogue n'est qu'une pub insistante.

Celui qu'on regarde en se disant «Pfff... si ce twit-là vend des livres, pourquoi pas moi?»

Le gars dont la page Facebook ressemble à «Hey l'ami, achète mon bouquin!»

Celui qui réserve ses interventions sur le web uniquement pour de la promotion.

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J'ai visité ce genre d'endroits. Des endroits vides mais bruyants. Sombres mais aveuglants. Stériles mais insistants.

Des endroits où je ne trouve ni auteur ni passion, seulement un produit.

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Je vous en prie, faites-moi signe si je commence à ressembler à ce gars-là.

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Parce que j'ai l'intention de vous parler de ce genre de choses. Des péripéties entourant la sortie prochaine de mes livres, des évènements, des couvertures, des promotions, des séances de signature ou je-ne-sais-quoi-encore.

Mais, dans la mesure du possible, je compte communiquer d'humain (confus/désorienté/passionné) à humains (amis/collègues/lecteurs).  Et non pas de Promoteur à Clients.

Je vais partager avec vous les détails entourant la parution des premiers tomes de la série. Après tout, il s'agit de l'aboutissement d'une quête commencée il y a bientôt trois ans. L'aboutissement ET le point de départ. Je ne me priverai certainement pas de vous casser les oreilles avec la sortie de mes bouquins. Mais j'espère le faire en laissant transparaître le petit scintillement qui n'en finit plus de m'éclairer le fond des pupilles depuis quelques mois.

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Quand même, faites-moi signe si.

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Ceci étant dit... :)

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Le cratère se creuse, mes amis!

J'ai jeté un oeil aux argumentaires de vente ce matin.

Sortie: Février 2012

Ouf...! disais-je?

Au diable ma réserve habituelle: je l'ai annoncé en grande pompe à tous mes collègues au bureau. Pas pu résister...

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Oh... et l'illustrateur m'a envoyé les couvertures... :)

jeudi 8 décembre 2011

Ouf...!

Premier vrai petit creux dans le ventre pour Averia depuis la signature du contrat.

Mon éditeur m'a fait parvenir un formulaire pour mes disponibilités au sujet des Salons du Livre 2012.

Ouf, je vous dis.

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Désolé, au fait.

C'est tout nouveau, pour moi.

Même que je prévois toute une série de billet «Ouf...!» à venir à compter de l'année prochaine...

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Seul questionnement: les bouquins seront-ils publiés à temps pour que je traîne mes valises en Outaouais, à Trois-Rivières et à Québec?

Suspense...*

Je l'ignore. Vraiment. Aussitôt que je sais, je m'empresse de vous le confirmer (comprendre: LE CRIER SUR TOUS LES TOITS).

dimanche 4 décembre 2011

Baptême

J'avais lu quelque part le témoignage d'un auteur qui prétendait ne jamais baptiser ses oeuvres pendant l'écriture car, de toute façon, le manuscrit changeait toujours de nom une fois entre les mains de l'éditeur.

Pfff... me disais-je.

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Oyez oyez! Chers lecteurs, j'ai le grand plaisir de vous annoncer que ma double-série Averia/Tharisia change de nom ;)

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Je comprends, en fait.

J'ai beau m'encourager, me convaincre que je tiens un «concept audacieux!!! du jamais-vu!», la réalité reste que l'ordre dans lequel je présente ma série sème la confusion chez les lecteurs.

«Hein? Après Averia 1, il faut pas lire Averia 2?»

Non, il faut se lancer dans Tharisia 1. Ensuite, il faut ouvrir Averia 2. Puis ensuite Tharisia 2 et...

M'enfin, même si je demeure persuadé que la Confusion constitue l'élément-clé de n'importe quelle stratégie de vente efficace, je me suis rangé à la raison et j'ai rebaptisé ma série.

***

Au moins, j'ai trouvé un titre avec lequel j'étais à l'aise. Quelque chose qui satisfait à la fois mon éditeur et ma perception des manuscrits sur lesquels je planche depuis plus de 2 ans déjà.

Quant à vous, chers lecteurs... vous saurez... bientôt* ;)

***

En bonus, pour vous prouver que je bosse très fort: Voilà l'auteur, en pleine réécriture d'Averia 2 (oups! vieille habitude!), qui ne prend même pas le temps de retirer tuque et foulard après avoir promené l'indomptable chihuahua avec qui il partage sa vie.

Parlant de réécriture... Il ne manque plus que 19 pages à réviser pour mon manuscrit. Ça en fait 91 de retravaillées en fin de semaine. Bon sang, où est-ce que je trouve cette motivation?? Est-ce à voir avec la terrible prophétie de Copine? (à lire d'une voix caverneuse)
T'as six mois pour écrire tes livres, Pat...
Ou est-ce simplement la passion de l'écriture qui me propulse toujours un peu plus loin chaque jour?

***

 *Indice: Au moins je n'aurai pas à rebaptiser ma page facebook en plus ;)

mercredi 30 novembre 2011

Le secret éventé

Je vous présente ma progéniture, le petit être qui croît quelque part chez Copine...


Magique, non? :)

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Décidément, 2011 a été une bonne année pour moi...

lundi 28 novembre 2011

Torture

Je corrige Averia 2 et, sans avertissement, ça me tombe dessus. Ça m'écrase, ça me saisit, ça me frappe.

Bon sang, que je m'exclame en déposant mon thé à la grenadine sur la vieille table usée de la cuisine, c'est exactement cette teinte que telle scène d'Averia 1 aurait besoin.

Voilà l'étendue du  drame de ma condition. Le terrible démon qui trouble ma réécriture et qui m'empêche de siroter tranquillement ma tisane. Oh, lecteurs, si vous saviez... ;)

N'empêche, c'est frustrant. Ariane me disait je ne me souviens plus où je ne sais plus trop quand, que tout était toujours à recommencer dans ce métier. Les mots d'hier pâlissent aussitôt les mots d'aujourd'hui posés sur l'écran. Les couleurs que j'utilisais me paraissent fades maintenant que je reprends le crayon.

M'enfin, je savais que ça arriverait :)
Et je me rappelle la promesse que je me suis faite le jour fatidique où j'ai poussé Averia et Tharisia en bas du nid: Sois fier. Aie confiance. Fais encore mieux la prochaine fois.

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Anyway, pour ceux que ça intéresse, la troisième réécriture d'Averia 2 prend forme. 45 000 mots de révisés sur 72 000. Les deux tiers, donc.

Mon éditeur ne m'a toujours pas proposé d'échéancier pour la publication du reste de ma série, mais Prosp croit que je devrais m'attendre à ce qu'il y ait 6 mois d'espace entre chaque tome.

Ce qui me stresse et me stimule tout à la fois.

***

Au fait, voilà à quoi je ressemble une fois passé sous le bistouri numérique de Patrick Lemay (votre futur photographe officiel).



***

Allez, bonne nuit.

jeudi 24 novembre 2011

Quelques mots gribouillés en vitesse, comme si je vous tenais pour acquis

Billet volé, rédigé en quelques secondes parce que je suis trop pris par:

1- la correction d'Averia 2
2- l'étude des radis
3- la correspondance avec mon éditeur

Oui, ça bouge, lecteurs! Ils travaillent à l'argumentaire de vente (ne sait pas trop ce que c'est exactement, mais ça sonne sérieux). C'est donc vrai. Je n'ai pas imaginé ce contrat! («Ils vont vraiment publier tes livres?» me demandait récemment une amie qui venait d'apprendre la nouvelle. «Ils en ont l'obligation légale», lui avais-je répondu, tout fier.) Une étape de plus, quelques pas vers le rêve qui se réalise.

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Il y a un oups, toutefois...
«Averia et Tharisia sont les noms de vos deux premiers tomes, mais quel est le nom de votre série?»

Je clarifie le malentendu et je vous informe de la suite, promis.

***

Milles excuses pour l'état lamentable de ce blogue. L'Avis d'Expulsion est tout sauf accueillant ces temps-ci.

mercredi 16 novembre 2011

Vole

Il y a deux jours à peine, Saucisse, notre tourterelle, m'accompagnait au chant à la guitare. Hier encore, il roucoulait joyeusement après que Copine l'ait nourri.

Cette nuit, Saucisse s'est envolé.


***

Je suis la dernière chose qu'il ait vu.

Il me regarde, tranquille, le bec enfoncé dans son plumage, alors que je presse les touches de mon clavier. Ses petits yeux, fatigués, me contemplent.

Dans la noirceur, son coeur se tord. Pour une dernière fois.

Clonk, il chute de son perchoir. Déjà mort avant de s'effondrer au fond de sa cage.

Ainsi meurent les oiseaux.

Clonk.


C'est un peu con, non?

***

Copine le dépose dans une petite boîte. Je creuse un trou près d'un arbre, en arrière, près de l'étang des grenouilles. Un peu comme dans ma nouvelle, La Tortue.

Nous lui décernons quelques mots.

Suivis d'une minute d'un silence éternel, rompit par quelques sanglots.

***

C'était juste un oiseau.

Mouais, peut-être.

Mais c'était aussi une présence. Une musique. Un tas de plumes qui roucoule gentiment...


***

Vole mon petit poulet...

dimanche 13 novembre 2011

Merci

10 000 mercis, chers lecteurs.

Je comptais préparer un petit quelque chose pour souligner l’évènement, mais vous m'avez pris de court! L'Avis d'Expulsion accueille habituellement 10 ou 15 visiteurs par jour, nouveau billet ou pas, mais mes deux derniers textes ont attiré deux cents clics en quelques jours! Ouf...

Je soupçonne qu'un de mes chats se soit assis sur mon clavier à mon insu et ait téléchargé la page quelques centaines de fois avec ses grosses pattes poilues...

Résultat: pas eu le temps de réfléchir.

Je vous reviens bientôt avec un petit quelque chose (j'ignore encore quoi!!) ou alors j'attendrai pour la 100 000 visite! Qu'en pensez-vous?

lundi 7 novembre 2011

Un milliard de mots

Comme vous savez, ma troisième place au concours Les Milles Mots de l'Ermite m'a rapporté, en plus de la gloire et de la célébrité, un tas de prix: trois bouquins (un délicieux, un surprenant et un sympa) et un shooting professionnel.

Patrick étant booké jusqu'en novembre *, c'est samedi dernier que j'ai eu l'occasion de me prévaloir duplus gros gain que j'ai remporté grâce à Tiède et un brin diffus.

J'ai traîné Copine avec moi pour 1-m'empêcher de m'égarer dans le métro et 2-veiller à ce que je n'échoue pas en chemin dans une bouquinerie du Plateau et que je rate mon rendez-vous.

Nous avons facilement trouvé le Studio Humanoid (avec 40 minutes d'avance sur notre horaire, nous avons donc trottiné aux alentours, faisant deux fois le tour du bloc sous le joyeux soleil de novembre avant d'oser appuyer sur la sonnette), et, tout de suite, Patrick nous a fait sentir à l'aise, Copine et moi. Nous arrivions chez un professionnel, nous débarquions chez un ami, nous nous faufilions dans l'antre d'un passionné.

J'ai aussitôt retiré tous mes vêtements * et nous avons pris quelques clichés, Patrick me guidant avec patience à travers chaque étape, corrigeant mes rares défauts et accentuant mes nombreux atouts. Après une trentaine de minutes d'efforts surhumains (ouf! c'est essoufflant poser!), Patrick, Copine et moi nous sommes penchés sur les photos prises et les avons analysées (non sans une certaine cruauté) afin de déterminer où porter l'effort de guerre.

Quelques clics plus tard, j'avais suffisamment de matériel pour mettre ma face sur le derrière de mon roman.
Basse résolution et non-retouchée
Pendant que Patrick joue avec ses trépieds, ses ampoules et ses paravents, j'en profite pour le questionner. Je lui parle de l'éclairage, lui demande ceci et cela (vous me connaissez, la passion me passionne).

Et Patrick me dit...

La lumière, c'est un langage qui possède un milliard de mots...
Bah voilà. Maintenant vous savez. Patrick Lemay, photographe, fils de Lucille, c'est un vrai. Un vrai de vrai.

Ça se voit.

***

Nous avions aussi envie d'essayer autre chose. Dans mon e-mail, je demandais à Patrick si c'était possible de prendre quelques clichés différents. Je voulais un quelque chose de plus sinistre, de plus dur. Pour le plaisir. Parce que j'aime le contraste. Parce que j'aimerais bien mettre une photo de ce genre sur un livre au ton plus humoristique...

Bref...

On en a prise quelques-unes comme ça où j'ai l'air d'un tueur!

***

Superbe journée, donc! Et, surprise! (écoutez ça, Audrey et Édith), je ne me suis même pas perdu pour retrouver l'autoroute en sortant du métro de Longueuil! *

Prochaine activité littéraire: SLM et Blogo-get-together!

Entre temps... correction!

***

Mensonge-o-rama!
Nouvelle fonctionnalité de ce blogue! Découvrez quels mensonges se cachent derrière les histoires de Patrice!


Quelle horrible vérité Patrice tente-t-il de dissimuler?


1-*Patrick étant booké jusqu'en novembre*
A-Est-ce que Patrice faisait sa diva et se laissait désirer?
B- Ou a-t-il traîné tout l'été et toujours remis à plus tard pour des motifs discutables?


2-*J'ai aussitôt retiré tous mes vêtements et...*
A-Franchement... Trop facile. Points bonis pour tout le monde.


3-*je ne me suis même pas perdu pour retrouver l'autoroute en sortant du métro de Longueuil!*
Mais oui, Pat... c'est sûr...
A-Parce qu'il avait son GPS (et qu'il en suivait les indications, pour une fois)
B-Parce que Copine était avec lui et palliait à son sens de l'observation défaillant.

dimanche 6 novembre 2011

Chantier

Chers lecteurs, je suis envahi d'une grande confusion.

Ce matin, vers 6h00 (ou 5h00 ou 7h00? je suis confus à ce sujet aussi), je me suis installé devant mon ordinateur portable, un grand verre de jus d'une main et une toast dégoulinante de beurre de pinotte de l'autre, et je me suis attelé à la correction d'Averia 2.

Et... J'avoue que ce sentiment perdure depuis un moment déjà. Je relis ce manuscrit (auquel je n'ai pratiquement pas touché depuis mars 2010) et je me demande...

Est-ce vraiment moi qui ai écrit ce truc?

Je vous donne un exemple. Ce matin, voici ce que j'ai trouvé en ouverture de scène:

«J'étais dans le corridor de l'hôpital avec mon père. Nous marchions vers la chambre de Myr tout en évitant les infirmières et les médecins qui se pressaient dans les passages étroits.»

Alors que je me souvenais plutôt avoir rédigé quelque chose comme...
«Les corridors encombrés de l'hôpital dégageaient une forte odeur de désinfectant. Une odeur persistante, chimique, qui me rendait inévitablement mal à l’aise. Nous marchions, mon père et moi, vers la chambre de Myr tout en évitant les infirmières et les médecins qui se pressaient dans les passages étroits. L’état des lieux laissait croire que l’établissement subissait un siège. Des chariots couverts de pansements, de gants, de gazes et d’outils métallique s’entassaient entre les civières qu’on avait parquées devant les murs, ne libérant qu’un mince filet pour circuler. Surmontant mon aversion pour...» 

Hypothèse 1 : Pendant les nombreuses réécritures d'Averia 1, je me suis bêtement mis à idéaliser le manuscrit qui patientait dans mes carnets électroniques. J'ai oublié les difficultés, les maladresses de mes débuts. Je lis et je sens la hâte, l'envie de passer directement aux scènes de conflits, d'épreuves, sans prendre le temps de m'attarder aux détails et à ce qui mène à ces morceaux d'histoire. Sans prendre le temps de construire l'ambiance.

Je crois que je tournais les pages de mon vieux manuscrit en m'attendant à y trouver les leçons que j'ai apprises depuis.

Ou...

Hypothèse 2 : Je suis victime de sabotage!!

***

Dans un autre ordre d'idées, mes traits ont été immortalisés hier, figés sur pixel par l'oeil d'un maître, le photographe Patrick Lemay.

Vous en saurez plus bientôt.

mercredi 26 octobre 2011

Besoin de conseils chez l'Avis d'Expulsion

Les courriels s'échangent, chers lecteurs, au sujet de la couverture. C'est excitant!! Soyez assurés que je me suis fait un plaisir d'ensevelir l'artiste qui immortalisera mes bouquins des dessins que Copine et moi avons faits depuis 2009 (oui, lui ai même envoyé ceux que j'ai réalisés avec Paint, il y a deux ans. je suis SÛR qu'il est très impressionné par mon talent ;))

***

Oups, l'éditeur aimerait maintenant que je lui écrive:

  1. une courte bio
  2. le résumé de mes romans
Bon... je sais que le sujet a déjà été visité ailleurs (chez Sylvie et chez Gen, je suis pas mal sûr), mais j'aurais tout de même besoin d'un coup de main. Qu'est-ce que vous voulez voir dans une bio de 15 à 25 lignes (exigence de l'éditeur)?

Prenez en note que je n'ai pas grand chose à dire sur mes études. J'ai mon DEC en sciences humaines et un BACC en enseignement abandonné à mi-chemin.

Mon parcours professionnel n'est pas très rocambolesque non plus. J'ai cumulé deux jobs dans ma vie : le zoo de Granby et un poste dans le département d'importation d'une multinationale de microélectronique (essentiellement le même entourage qu'au zoo).

Qu'est-ce qui reste à dire?? Sur quel ton?

Bref, j'en appelle à la grande Blogo-Sagesse qui vous anime, amis de la toile.

***

Hum! Et les résumés? 

Les résumés d'Averia 1 et de Tharisia 1 que vous trouvez au-dessus vous conviennent-ils? Qu'en pensez-vous?

mardi 25 octobre 2011

(...) partie 1

Je dois t'avouer qu'après tout ce temps, j'ai parfois l'impression que ce n'était qu'un rêve. J'en ai presque la certitude, en fait. Il faut que j'aie imaginé ça, non?

(...)

Avec les années, tout me paraît de plus en plus improbable. Les saisons ont étouffé les détails, ont avalé les contours de mes souvenirs. Mon regard se porte sur ce que j'ai vécu et ça me semble si lointain. Comme si c'était arrivé à quelqu'un d'autre. Comme si on m'avait raconté une histoire si terrifiante que mes neurones s'en étaient emparées. Ou plutôt comme si l'histoire elle-même s'était emparée de moi.

(...) 

Enfin, ne t'imagine pas que je traîne toujours cette peur avec moi. Non, je t'assure. La plupart du temps, je ne me rappelle rien, je ne pense pas à ça. Ça me paraît idiot. Enfantin, même.

Mais... parfois... il ne suffit pas de grand chose pour raviver cette chose. Cette trouille, cette angoisse viscérale qui m'agrippe, me saisit, qui ne me quitte plus. 

Juste de te le raconter, ...
(...)

dimanche 23 octobre 2011

Correspondance (2) **aucun lien avec l'ancien billet**

Cher Patrice,
Ouais ouais, tu viens d'envoyer Averia et Tharisia chez l'éditeur. Il était temps, si tu veux notre avis. Oh, et ne prends pas ces airs de misérable auteur déchiré a qui on arrache ses précieux manuscrits. De 1- t'es seul dans la maison et les chats se fichent bien de tes fausses larmes. De 2- personne ne te force la main. Tu es arrivé au bout du processus et tu l'assumes.
Bon, maintenant jette un oeil autour de toi (au sens figuré, par pitié). Y a les feuilles dehors. Elles se mettront pas en tas toutes seules. Y a les vélos aussi. Tu comptes les laisser poireauter longtemps, à la merci des intempéries? Sinon, n'oublie pas non plus la vaisselle empilée sur le comptoir et le plancher couvert de poussière. C'est normal, tu crois, que ton chien éternue dès qu'il pose la patte par terre?
Dans tous les cas, essaie de faire autre chose un moment. N'ouvre pas tes notes pour les derniers chapitres de ta série. N'entame pas le chantier d'Averia 2 avant de t'être changer les idées et ...
Oh et puis à quoi bon!
Au moment-même où nous t'écrivons ces lignes, tu nous diriges vers ton manuscrit. Tu le survoles en trépignant d'impatience. Tu vas nous coller encore à ce maudit écran, si je comprends bien. Pas l'intention d'abandonner, non?
Une petite pause, ça nous ferait du bien à nous aussi, tu sais?
Sincèrement,
tes yeux

***

Chers yeux,
Haha! Cause toujours, quenoeil.
Vous êtes bruns, rougis et moches. Je suis vive, toute pétillante et jolie.
amitié,
Averia 2

mardi 18 octobre 2011

Je triche

J'ai triché :)

J'ai terminé ce soir de réviser Tharisia. Plus qu'un petit détail à régler and it's a wrap pour celui-ci.

Au lieu, comme l'exige ma discipline de fer, de m'attaquer aussitôt aux corrections finales d'Averia, je me suis amusé à rédiger les remerciements qui figureront à la fin de mes romans.

Pour m'inspirer, j'suis allé zyeuter les dernières pages des bouquins entassés dans ma bibliothèque (et les nombreux autres livres dispersés un peu partout dans la maison).

Hum... Il y a de la variété dans le style, la forme et le fond.

En ce qui me concerne, je crois avoir trouvé le bon dosage. Je transmets les accolades, de façon personnelle et dans mon style habituel, aux individus concernés, mais sans que ce soit trop hermétique. Pour laisser aux lecteurs une porte d'entrée, une fenêtre vers ce qui se passe derrière le bouquin.

***

Vous croyez que ce serait une bonne occasion d'aller chercher des commanditaires?

Merci aux restaurants Subway de m'avoir sustenter pour 6g de gras ou moins pendant la rédaction de ce roman.

vendredi 14 octobre 2011

Pluie

Il pleut.

Je sors.

Quand même.

***

Les corrections d'Averia et de Tharisia sont terminées.

Il me reste une bonne relecture à faire pour chacun.

Puis, en théorie, that's it. Je n'y touche plus. Jamais.

Ouch.

***

J'suis tout trempe.

La boîte aux lettres est vide.

Mes yeux me supplient de rester encore un peu à la noirceur.

Devant chez moi, les chats scrutent l'obscurité à ma recherche.

«Il a pas oublié de nous nourrir, toujours?»

***

Les doutes, chers lecteurs, que je m'étais promis de garder pour moi, m'assaillent.

Mais chut!

Que ça reste entre nous.

mardi 11 octobre 2011

3 ans

3 ans de blogue, mes chers lecteurs.

390 message. 1000 commentaires et 9100 visites. Clairement pas un blogue très populaire, mais ça n'a jamais été ça le plan.

Un des premiers dessins de Myr publié sur ce blogue
L'Avis d'Expulsion est né d'un désir d'ouvrir une fenêtre sur ce que j'étais. Un désir égoïste que je partageais avec peu. Visité par un chat ou deux, ce blogue a mis du temps à trouver ce qu'il voulait faire de son existence virtuelle. Quand Averia a pris forme sous mon crâne, il s'est transformé en témoin de mon cheminement, de mes infructueuses tentatives, de mes débordements de joies ou de mes insupportables déprimes.

Puis je me suis tourné vers d'autres qui, comme moi, écrivaient. Et j'en ai ramené quelques-uns (les meilleurs, évidemment!) par ici.

L'Avis d'Expulsion accueille aujourd'hui de nombreux lecteurs, complices, amis...

Vos conseils, encouragements, coups de pied me nourrissent. Votre présence me réchauffe.

Merci d'être de l'aventure.

***

Tradition oblige (haha!), j'aimerais partager avec vous un court extrait de manuscrit. C'est un morceau de Tharisia 2, un petit quelque chose pour illustrer le côté «tranchant» d'Annika que je ne cesse de vous vanter.

«          Je revins sur mes pas, une franche envie de tuer me tenaillant l'estomac. L'autre me contemplait, les mains sur les hanches, une grimace hautaine sur le visage. J'allai jusqu'à lui.-Beau courage pendant cette bataille, railla-t-il. Vous êtes restés planqués pendant que nous faisions tout le boulot.
-Je ne suis pas très courageuse, en effet.
             J'attaque de dos, renchéris-je en pensée. Je mords, je griffe et je poignarde quand tu ne t'y attends pas. Sois prudent.
-Dans ce cas, ce désintégrateur ne t'es d'aucune utilité, continua-t-il en tendant la main. En tant que milicien de la libération, je t'ordonne de me le rendre.
             Je soupesai l'arme. Gris, mât et léger, le Zimal cachait facilement son potentiel meurtrier. Une seule petite pression de la gâchette suffirait à punir le véritable responsable de la mort de Javo. Chernova dut suivre le cours de mes pensées car il s'approcha prudemment de moi.
-Donne-le lui, chuchota-t-il. Et fichons le camp.
             J'haussai les épaules et lançai l'arme d'un geste nonchalant. Celle-ci rebondit par terre dans la poussière et se cala contre l'une des grosses cartouches encore fumante expulsée par la batterie qui, quelques minutes plus tôt, mitraillait encore l'immense vaisseau spatial.
             Le type me dévisagea, insulté, avant de se pencher pour ramasser le pistolet.
             L'erreur que j'attendais.
             Comprimant ma rage en un mouvement sec et violent, je lui décochai un coup de pied qui l'envoya valser de côté. Son visage heurta la cartouche bouillante et, agissant par réflexe, le milicien s'y appuya de ses deux mains pour se relever. Le grésillement de la peau au contact du métal ardent s'accompagna d'une odeur insupportable de chair et d'un long cri suraigu.
-Brûle, ordure! crachai-je.
             Chernova m'attrapa sous l'épaule et me tira si fort que je faillis être soulevée du sol. Il me lança derrière lui et me poussa jusqu'à ce que je détale. Aussitôt, des tirs de désintégrateurs léchèrent nos pieds et nos coudes.
-T'es douée pour te faire des amis, remarqua Chernova.»
***

Bonne fête Blogue.

mardi 27 septembre 2011

Urgence

Un tas d'abeilles butinent dans les fleurs (sauvages) qui poussent dans mes plates-bandes (sur lesquelles la nature a repris ses droits). Elles volent, bondissent, se jettent d'un pétale à l'autre avec urgence. Elles sont une centaine à battre férocement des ailes, à gratter le pollen de leurs mandibules. Le soleil décline trop vite à l'horizon et les greniers sont vides. La Reine, qui a toléré la paresse de ses ouvrières tout l'été, lance un cri d'alarme: la ruche, assaillie par le froid, ne survivra pas.

Alors les abeilles ratissent large. 

Et quelques-unes, moins futées que les autres, s'infiltrent à l'intérieur de MA forteresse dès que Cabot et moi sortons nous dégourdir les jambes.

Ne le dites pas à Copine. Les abeilles la terrifient. 

***

Que pensez-vous de l'arrière-plan du blogue? Ici, à la maison, avec une résolution de 1440x900, c'est pas mal. Mais au travail, sur du 1024x768 c'est plutôt affreux.

J'vais voir ce que je peux faire.

***

Même si je n'ai pas de Reine tapie au fond d'une ruche abyssale qui me crie dessus, je ressens tout de même une urgence. Averia progresse bien. Encore 130 pages à corriger, puis j'estime être à deux ou trois relectures d'une version finale (gloups!). Après, j'ai quand même un autre bouquin à retravailler. L'éditeur veut les deux en même temps. 

Va falloir que je fasse voler mes petites ailes un peu plus fort encore!

jeudi 22 septembre 2011

Absence

Je corrige. Encore et toujours et encore.

J'ai l'impression d'exercer, d'entretenir moi-même un flou sur les quelques semaines à venir. Je me consacre à la réécriture, aux reformulations, à la finition. Et mes pensées s'agitent également vers les manuscrits 3,4,5 et 6. Ceux qui sont déjà rédigés et ceux qui prennent formes à mi-chemin entre mes tripes et mes doigts qui courent sur le clavier.

Mais quand je pense au moment où je remettrai les versions finales d'Averia et de Tharisia à mon éditeur, je suis pris d'un angoissant vertige. Comme si on me projetait à toute vitesse dans le vide, qu'on me catapultait dans la noirceur.

Aussitôt, je dépose les doigts sur les touches réconfortantes de mon clavier usé. Je respire. Et je corrige.

Les semaines tombent, les jours s'égrènent.

Je croyais que tout ceci ne me stressait pas, mais cette absence de sueurs froides, de picotements, de coup de chaleur dans la nuque, s'avérait trompeuse.

J'arrive à me concentrer sur chacun des pas que je fais. Je distingue sans problème l'horizon.

Entre les deux...

Ouf... :)

jeudi 15 septembre 2011

Vagues

Première vague de corrections terminée sur Averia 1 version 6.

Un lecteur test sur chaque manuscrit. Attente des réponses.

Un terrible virus m'assaille, obstrue mes bronches, mord mes poumons.
Je résiste à grand coup de verres d'eau et de capsules d'échinacée (que je soupçonne d'être expirées).

Je prends une micropause. Le temps d'une moitié de soirée. Demain je reprendrai l'effort de guerre. J'ignore encore si je devrais m'attaquer à Tharisia ou continuer à m'acharner sur Averia. Veux pas travailler en double.

***

Ai redécouvert une chanson. Ça traînait là, sur un CD que j'avais fini par délaisser. Pourtant, Dark Side of the Moon ...



J'aime particulièrement la deuxième partie.

***

Veuillez pardonner mes délires fiévreux. Ça vient par vagues.

Je me tais :)

jeudi 8 septembre 2011

Croquis 5 (mise à jour)

Je n'en pouvais plus des lenteurs conjuguées de mon cerveau et d'Antidote, alors j'ai pris une petite heure pour griffonner ceci, un autre dix minutes pour jouer avec les filtres et la distorsion sur Photoshop, et un 30 secondes pour réaliser cela:

Ouf... Ce n'est pas un avion qui s'écrase dans une tour, c'est une fenêtre qui vole en éclat depuis l'intérieur. Sauf que l'image résonne tout de même avec une certaine date fatidique qui approche.

Mieux vaut continuer à travailler l'image (habiller Annika, par exemple. j'ai mis quelques formes, mais y a place à amélioration) et laisser passer un peu de temps avant de poster ce croquis sur Facebook ou je ne sais trop où encore.

Allez, encore une petite heure de correction...

***

(Depuis qu'un collègue a appris que j'allais publier, chaque matin il m'a surnommé tour à tour: Stephen King, Baudelaire, Voltaire et Marie Laberge...)

***

 Voici ce que ça donne après quelques heures de procrastination supplémentaires.















Version psychédélique (histoire de mettre en valeur les ombrages).
Bon! Allez! Maintenant que c'est expulsé de mes petits doigts tremblants, je peux retourner à la correction.





mercredi 7 septembre 2011

Correction

Copine traverse l'autre manuscrit pendant que je trime sur Averia.

Après une vingtaine de pages de reformulations...


Un petit commentaire, un joli sourire.

C'est plaisant de corriger dans ces conditions!

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P.S.: Oui, j'ai vu les virgules mal placées ;)

vendredi 2 septembre 2011

Le Monstre

«Averia est un monstre», écrivais-je à une amie. «Un MONSTRE!»

En comparaison, Tharisia est une bête beaucoup plus fine. Plus maigre, plus élancée. Musclée et svelte. Malgré le caractère récalcitrant de son héroïne, Annika, Tharisia est une bête docile. Elle aime courir, se tordre, sauter et gronder sur commande. Elle me mord parfois les doigts, mais s'amuse trop à suivre mes instructions, se plaît à se faire belle pour le public.

Faut dire qu'elle ne porte pas le poids de présenter mon univers. Tharisia entre en scène alors que tout est déjà figé, se drapant dans son exotisme, n'ayant qu'à approfondir ses particularités à elle, qu'à épaissir le mystère. Elle exécute son tour de piste, rugissant par plaisir, pour en mettre plein la vue, mais répondant toujours à mes coups de fouet.

Averia, quant à lui, se montre beaucoup plus récalcitrant. C'est le vieil ours, celui qui ne s'est jamais réellement soumis. La première bête capturée, celle qu'on approche toujours prudemment, sans jamais lui tourner le dos. Le Monstre peut nous engloutir à tout moment, nous écraser de son poids. Il traîne de puissants appendices qu'il faut pourtant sectionner, qu'il faut modeler autrement.

J'ai promis à mon éditeur que le Monstre serait vaincu d'ici peu. Qu'il serait dominé, prêt à se soumettre à la presse à papier, qu'il grimperait de lui-même sur le socle, aux côtés de sa soeur, et qu'ils brilleraient tous les deux de milles feux.

Depuis trois semaines, je m'acharne, chaque jour, sur Averia. J'ai compris comment j'allais amener la bête à se soumettre.

Et d'ici 10 000 mots, le Monstre va se coucher à mes pieds.

lundi 29 août 2011

Oh le beau chevreuil...

Sauf que c'était un loup. Ou un coyote très massif.

Et il m'a suivi sur près d'un kilomètre, trottinant entre les fougères, tâchant de me dépasser sur ma droite.

«Méchant chevreuil! Retourne dans la forêt...»

***

«Qu'est-ce que tu fais Patrice?»
«Bah, je zyeuxte les blogues de mes copains et j'espionne Facebook...»
«Méchant auteur! Retourne à ton manuscrit!»

mercredi 24 août 2011

Wow...

Ça fait BEAUCOUP d'amour à recevoir en même temps.

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La nouvelle s'est répandue au bureau comme une traînée de poudre. Tout le monde s'extasie, me congratule, espère me voir devenir riche (HAHAHAHA!). C'est la même chose dans ma famille. Ici. Sur Facebook. Ça l'air que vous étiez une méchante gagne à m'encourager depuis les coulisses.

Merci.

***

Que fait l'auteur qui se croyait ben fin d'avoir une confortable avance de 4 manuscrits déjà rédigés dans ses tiroirs? Eh bien il réécrit à coup de 3000 mots par jour. Va falloir que j'aménage des pauses dans cet horaire parce que je ne tiendrai pas le coup à travers tout le roman.

***

J'ai jamais compté les heures passées sur mes bouquins, mais me semble qu'elles filent plus vite qu'avant!

vendredi 19 août 2011

Un peu d'exubérance serait de mise, non?

Visite temporelle numéro 3.

J'ai une vieille promesse à remplir.

***

Le feu crépite derrière lui, réchauffant sa nuque, petit îlot de chaleur dans la nuit tiède. Pat observe les étoiles. Deux, déjà, se sont décrochées du ciel et ont imprimé de longues traînées blanches sur ses rétines. Depuis l'ombre, sous les feuilles et juste à côté de l'étang des grenouilles, une forme se matérialise sans bruit. Une peur sourde griffe Patrice, lui arrache la chaleur dans son dos et le raidit sur sa vieille chaise en toile. Mais la silhouette qui approche lui est familière. Maintenant qu'il se trouve à quelques pas de lui, la lueur des tisons suffit à révéler les traits du visiteur nocturne.
-C'est toi. Tu m'as fichu la trouille...
-Désolé.

Les deux Pat se dévisagent longuement, le silence seulement ponctué du craquement de la flamme qui meurt dans le foyer derrière eux.
-Je t'attendais, tu sais.
-Je sais, lui répond Pat du futur.

Quelque part au-dessus d'eux, une bête nocturne traverse le ciel en faisant claquer ses ailes.
-Si tu es ici, c'est que... demande Pat à moitié.

L'autre hoche la tête.
-Ouais...

***

Je l'ai su vendredi soir. En revenant du lancement de Gen. Sous la forme d'un e-mail tout simple.

«Nous sommes intéressés à publier votre série de romans intitulée Averia.»

Suis allé signer ça aujourd'hui, à Varennes. À une heure de chez moi.

Maudit que la vie était belle sur le chemin du retour.

***

-Wow... je.. je ne sais pas comment réagir.
-Je crois qu'un peu d'exubérance serait de mise.

Silence. Leurs regards traînent sur la saucisse que Pat du futur fait griller au-dessus des tisons rougis.
-Oh, ou tu peux te mettre à pleurer si t'en as envie. C'est ce que Copine a fait en apprenant la nouvelle.
-Wow...

La saucisse tournoie au bout du bâton maigrichon que Pat a gossé quelques minutes plus tôt. Le bout de viande a l'air peu ragoûtant, mais il s'en échappe tout de même une agréable odeur rôtie.
-Qu'est-ce que je dois faire? s'inquiète Pat. Pour que ça marche, pour que je sois sûr d'arriver au même résultat que toi?
-Rien. Ou plutôt, rien de différent de ce que tu fais déjà. Fais de ton mieux. Continue d'entretenir ta passion. Le feu qui brûle dans tes tripes. Ça a toujours été notre plan, non?
-Je n'arrive pas à y croire.
-Moi non plus...

***

Seki, Myr et Annika se sont trouvées une place chez ADA éditions. ADA pour Averia et Tharisia.

C'est génial, non?

Publier. Mourir de joie. Renaître d'efforts.

***

-Je te mets en garde. Ne t'excite pas trop. J'ignore s'il s'agit de la réponse à toutes nos questions. Je ne sais pas si c'est ce qui va combler nos attentes. C'est dangereux de s'emporter. De s'investir à ce point et...
-Hey... lui lance Pat du passé. Profites-en, crétin. Sois heureux. Tu le mérites.

Pat soupire, renifle, sourit.
-Bordel... tu réalises...?
-Oui, maintenant file. Tu m'as dit ce que j'avais besoin de savoir. Pour le reste, je préfère avoir la surprise. Ne reviens plus me voir, ok?

***

Merci. À tout le monde.

jeudi 11 août 2011

Métamorphose

«Je ne répondis rien et je continuai de manger pensivement. Je sentais bien qu’un malaise s’installait et que Laïka aurait aimé que je l’aide à meubler le silence, mais je n’en voyais pas l’intérêt. Je pouvais presque la sentir tressailler intérieurement. Elle finit par ouvrir la bouche à nouveau.
— C’est probablement ridicule de dire des choses comme ça à notre âge, mais [...]»
Beurk... Trois phrases de suite qui commencent par «JE»? C'est horrible. 
«Elle se tut, le sac en papier qui contenait son dîner toujours intact sur ses cuisses. Le feuillage des arbres sur le campus ondula et je me surpris à guetter une brise qui ne vint pas jusqu'à nous. Du coin de l'oeil, je pouvais apercevoir Laïka qui se mordait les lèvres.
— C’est probablement ridicule de dire de telles choses à notre âge, mais [...]» 
Voilà. C'est mieux, non?

jeudi 4 août 2011

Réflexion sur l'écriture - Troisième partie

Chaque manuscrit m'amène à ma limite...

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Je cours trop longtemps et trop loin maintenant pour ne pas être curieux. Je calcule mon trajet sur Google Map et je réalise que je cours maintenant 5km sans m'arrêter avant de rebrousser chemin et de marcher jusqu'à la maison.

La semaine dernière, j'en parle à Copine. Toute enthousiaste, elle s'extasie devant mes performances. Puis, cruelle, elle ajoute: tu devrais faire tout le trajet sans t'arrêter!

Euh... ça va pas?

C'est loin, que je lui dis. Je passe par ci, traverse cela, cours tout ça et quand j'arrive au bout, je suis vidé.

Courir le double de ma distance maximale... pfff...

***

... Limite que je m'efforce d'enfoncer chaque fois.


***

Hier je l'ai fait.

10 km. La fournaise brûle et mes vieux souliers craquelés me propulsent. Le vieux cheval se fout pas mal de moi maintenant quand je passe. Tout comme les moutons que j'ai découvert plus loin. Les vaches sont un tantinet plus curieuses mais se montrent tout de même un peu blasées.

Quand je rentre à la maison, les étoiles percent maintenant la nuit qui tombe. Je m'imagine déjà faire la même chose dans la noirceur d'octobre, dans la morsure de novembre et sous la neige de décembre.

***

Dans mes courriels m'attendait un premier avant-goût de commentaire au sujet d'Averia 1. Mon frère, fidèle lecteur et otage de mes manuscrits, me livre ses impressions sur les 70 pages que je lui ai envoyées.

C'est bien. C'est très bien. Je semble atteindre les objectifs que je m'étais fixés.

Le mélange prend. Le dosage n'est pas encore parfait, mais ça prend.

C'est ce que j'espère réussir avec ce manuscrit... À chaque fois, je vais au bout de moi-même. Je lance toutes mes énergies dans l'écriture, sans réserves, et j'en extirpe un texte qui représente la somme de mes capacités du moment, le meilleur des leçons apprises jusque là. Et, contre toute attente... j'accomplis le double de la distance avec le suivant.

Je comprends les refus pour Averia version 3 et 5.

Mais depuis... il y a eu Tharisia version 2 et 3, Tharisia 2 version 1 et 2...

Avec Averia, sixième mouture, je compte encore aller au bout de moi-même... J'ai espoir, le mince espoir, de finalement y faire poindre l'ombre, le scintillement d'un potentiel.

Qu'il attire l'oeil d'un éditeur... qu'il lui fasse dire «J'ai confiance mon gars...»

De toute évidence, je n'ai pas encore réussi à convaincre de mon potentiel. Que ça valait la peine de travailler avec moi pour faire jaillir le meilleur de mon texte.

***

Ça s'en vient.

***

Ajout: 
Je vous rassure, il s'agit bien du dernier texte que m'inspire mes 8 et 9e refus. Nous retournons maintenant à notre programmation habituelle (c'est dire ligne éditoriale floue, imprécise et répétitive). Allez, je vous libère.

mercredi 3 août 2011

Réflexion sur l'écriture - Deuxième partie

J'écris mieux que hier, mais moins bien que demain...

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Le premier texte que j'ai commencé à travailler sérieusement date de 2007-2008. Né à peu près dans les mêmes circonstances qu'Averia 2 ans plus tard, la trame du récit s'est révélée d'elle-même. Une étincelle poignante. L'envie de raconter l'histoire d'un gamin préhistorique qui cherche sa place dans sa tribu, tiraillé entre les idées progressistes du sorcier et les impératifs de survie inculqués par le chef du clan. Garçon qu'on avait échangé à sa naissance contre une pierre gravée. Le tout premier mot de l'humanité inscrit dans le roc.

Sa quête d'identité s'entremêlait à la recherche de ce premier mot disparu, de sa signification et des conséquences qu'il aurait sur l'Avenir.

La rédaction de cette petite histoire fut hélas brutalement stoppée lorsqu'une amie m'a évoqué le nom de Roy Lewis...

Dans ma tête, alors, Drou et sa tribu ne pouvait cohabiter avec les hominidés de M.Lewis.

Le projet est mort.

Mais en subsiste toujours une dizaine de pages (j'en avais plus, mais le document complet s'est évaporé quelque part).

J'en partage un extrait ici, histoire d'alimenter le reste de ma réflexion.

La tentation est forte d'en corriger les fautes et les maladresses avant de vous le présenter... :)

***

-Ah oui, Pow t’as parlé de magie... » Run le regarda de haut en bas, l’air de l’étudier. « Et qu’est-ce qu’il t’a dit exactement? »
-Il a dit que... d’autres sorciers lui ont parlé d’une nouvelle forme de magie lors d’un rassemblement . Une nouvelle magie... ancienne. Aussi vieille que le monde. »
             Les chasseurs s’aplatirent un peu plus contre le sol, alors que Run continuait de fixer Drou.
« On devrait peut-être s’en aller, Run » proposa Hagr. « Il se fait tard, le soleil commence à baisser déjà.
-Non, je veux entendre ce que le petit a à dire. Continue Drou. Qu’est-ce que t’as confié Pow au sujet de cette magie?
-On ne devrait pas parler de ça » fit faiblement Hagr en se bouchant les oreilles. « C’est interdit... »
             D’un signe, leur chef fit signe à Drou de continuer son récit, au grand dam des autres hommes recroquevillés autour d’eux.
« Pow dit que certains sorciers très puissants ont trouvé le moyen de... » Drou avala à grande peine sa salive, inquiet de toute l’attention concentrée sur lui. Mais de voir ces hommes accroupis devant lui, craignant ses paroles, fit naître en lui une certaine fierté. « le moyen de faire pousser des plantes. »
             Un long silence accueillit la fin de sa phrase. Avec lenteur, Run rompit l’épaisse lourdeur qui emplissait maintenant l’air.
-C’est impossible Drou. Ce sont les esprits qui font pousser les plantes et les arbres. L’homme ne peut pas faire pousser quoi que ce soit. Comment veux-tu que l’homme soit capable d’une telle chose?
-Je.. je ne sais pas moi non plus, chef mais...
-Mais quoi? » lâcha lentement Run, en appuyant sur chaque mot, comme une sourde menace.
« Mais Pow dit que c’est possible. Ils font pousser des herbes spécialement pour les rassemblements de sorciers et ils les fument lors de leur réunions secrètes et...
-As-tu déjà vu une plante pousser, Drou? »
             Drou était un jour resté planté pendant des heures devant une petite pousse sans jamais la voir bouger. Il avait finit par mettre fin à son étude car il craignait que ses yeux finissent par sécher.
« N-non, mais forcément qu’elles... » commença-t-il.
-Il faut attendre des journées entières avant que les plantes ne grandissent de quelques doigts. Il faudrait rester sur place pendant des dizaines de lunes avant que la plante ne soit comestible. Et il faudrait peut-être attendre plus d’une saison avant que tes plantes qui poussent grâce aux hommes ne donnent finalement des fruits. Tu connais beaucoup de tribus qui survivraient en restant bêtement au même endroit pendant tout ce temps?
-P-Pow dit que c’est ce à quoi ressemblera l’avenir...
-L’avenir? C’est ce à quoi ressemblera l’avenir? Une bande de clowns qui gratte la terre tout en crevant de faim en attendant que les plantes finissent par pousser? C’est ça l’avenir? »
          
            Run commençait à être bruyant et Hagr, qui s’était finalement déboucher les oreilles, tenta de le calmer.
« Run, calme-toi! Les types qui grattent vont t’entendre!
-Je vois ça d’ici! Dans une caverne en train de geler jusqu’aux os, sans rien à manger parce que le sorcier leur a dit qu’il ne fallait plus suivre le troupeau. Oh non! Ne suivez pas ces gros mammouths bien gras et laineux! Attendez plutôt ici dans le froid et la neige que ces petites plantes toutes blanchâtres jaillissent du sol et nourrissent toute la tribu.
-Run, je crois qu’ils nous ont repérés... »
-C’est possible! » fit Drou. Il avait un picotement derrière les yeux. Il devait lutter pour ne pas laisser couler ses larmes. « Pow dit qu’il faut penser et aller vers l’avenir! »
-L’avenir! » continua Run. « Il peut bien avoir le temps de penser à l’avenir, lui! Lui, il n’a pas à chasser, lui. Il n’a pas à traquer le gibier, à suivre ses traces, à deviner quel chemin il prendra, quand il s’arrêtera pour boire et se reposer, quand il sera vulnérable, quand nous devrions l’attaquer, comment le prendre au piège. Il n’a pas à faire tout ça. Il n’a pas à faire tout ça tout en ayant en tête que la tribu a faim. Que s’il ne ramène pas le gibier, la tribu ne pourra pas manger. La tribu ne dépend pas de lui et de ses idées sur l’avenir. Lui, il n’a qu’à nous protéger des esprits. » Il dit cela en faisant un vague geste des bras dans les airs.
« Mais il faut penser à l’avenir!
-Pourquoi?
- P-pour se libérer de tout ça!
-Se libérer de quoi? C’est comme ça que vivaient nos parents et c’est ainsi que mourront nos enfants. Penser, c’est s’arrêter. Et si on s’arrête, on meurt.
-Et si on ne s’arrête pas maintenant » dit Hagr. « Ou plutôt, si on ne court pas s’en s’arrêter maintenant, on meurt aussi. »
             Run et Drou cessèrent de se regarder et réalisèrent qu’ils étaient observés par les « types qui grattent la terre ». Le petit bout de cervelle qui s’occupe de ce genre d’urgences prit le relais et décida de monopoliser l’ensemble des fonctions cérébrales pour, ce qui sembla s’imposer de plus en plus comme la seule solution envisageable après une étude approfondie, courir à toutes jambes dans l’autre direction.
***

... mais je me reconnais toujours. Un quelque chose subsiste entre les lignes.

***

Je reconnais une tendance. Mon habitude de toujours mener le récit par le dialogue. Le plaisir que j'éprouve à étoffer mes descriptions est récent, je le rappelle. Dans ce vieux texte, je reconnais mon genre d'idées, ma façon de les amener, la structure de mes dialogues. Tout a beaucoup évolué depuis, mais en lisant ce texte, j'y discerne aisément mon point de départ. 

Je reconnais surtout mes défauts. Un paquet de trucs que j'ai traîné jusqu'au début 2010, quand j'ai enfin commencé à comprendre que quelque chose clochait.

Les points de départ me fascinent toujours un peu, je dois l'avouer... L'origine des choses. Comment tout à commencé... L'étincelle qui a tout déclenché. 

***

Et vous? Outre un vague sentiment de gêne, qu'est-ce que vous évoque vos premiers écrits?

lundi 1 août 2011

Réflexion sur l'écriture - Première partie

Je ne sais pas écrire...

***

Voilà. C'est un bon départ.

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J'ai reçu mon 8e refus en carrière il y a un peu plus d'une semaine. Et je peux pratiquement hausser ce chiffre encore, puisque j'ai récemment lu sur le site d'un éditeur de qui j'attends une réponse «Si nous ne vous avons pas contacté dans les six mois, c'est que votre manuscrit n'a pas été retenu.» Durée de l'attente à ce jour: 7 mois et demi.

***

9 refus.

«Quessé qu'y comprend pas encore?»

Je sais pas. J'ai la tête dure.

***

20 000 mots pour la sixième réécriture d'Averia 1. C'est la métamorphose la plus drastique et la plus significative jusqu'à maintenant. On approche dangereusement du «tout ou rien».

***

Réflexion sur l'écriture, Première partie --conclusion--


...mais j'en tire beaucoup de plaisir.

lundi 25 juillet 2011

Un gars s'essaie

Psst, jetez un oeil par .

Troisième entrée à partir de la fin. L'auteure d'Hanaken dans les pages virtuelles de La Presse. Cool, non? :)

***

«Présentez nous votre oeuvre ou vos personnages» suggérait Mathieu Perreault la semaine dernière.

Bah, pensais-je, je n'ai rien à perdre ;)

Voici ce que je lui ai envoyé...


Bonjour M.Perreault,
J'ai bien tenté de répondre à votre appel et de convaincre mes personnages de se présenter, mais ça n'a pas tout à fait pris la tournure que j'espérais...

«Annika, assise à une vieille table en bois, tourne les pages d'un livre qu'elle ne lit pas. Son visage peint appuyé dans sa paume droite, elle lève à peine les yeux sur l'Auteur lorsque celui-ci s'approche.
— Oh, c'est toi. J'avais fini par croire qu'entre deux révisions, tu m'avais oubliée ici.

L'Auteur se penche à son oreille et y murmure quelques mots.
— Me présenter à qui? s'exclame-t-elle, mi-confuse mi-exaspérée.
— Parle-nous un peu de toi, c'est tout! lui intime l'Auteur.

Annika plisse les yeux et se cale dans son siège avant d'entamer, tout sourire:
—Annika Aralia, 21 ans. J'habite Tharisia, mais je suis née sur Pax Proxima. Avec les crétins d'humains et les loyalistes. Bien après la guerre, on m'a envoyée ici, sur notre «glorieuse» capitale, sous l'égide de mon oncle, Isigar Aralia, un dignitaire du régime qui se prend pour un monarque tout-puissant, et aux côtés de mon cousin Karam, que j'ai le plaisir de voir s'enfoncer un peu plus chaque jour.

Elle change encore de position, relevant un genou contre elle.
— Ça te va comme résumé?
— C'est un peu froid, non...?

La Tharisienne se penche, envoyant valser contre ses tempes son épaisse chevelure noire.
— On peut parler de mes histoires de coeur, dans ce cas! Te souviens-tu que c'est ici précisément que j'ai rencontré Valerio pour la première fois?
— Évidemment, c'est moi qui ai écrit la scène. D'ailleurs, tu lui avais balancé la table...

Annika déplie la jambe de toutes ses forces et envoie le lourd meuble percuter le frêle Auteur sous le menton. Celui-ci tombe à la renverse tandis qu'Annika détale.
— Voyons voir. C'est bien par cette porte que tu es arrivé, non? Je me demande où ça mène...
— Annika, non! Attends!»

Averia / Tharisia est une double-série de science-fiction dans laquelle on suit l'histoire de Seki et de Myr. Deux soeurs qui, malgré tout l'amour qu'elles éprouvent, se retrouvent pressées l'une contre l'autre, fondamentalement divisées par l'occupation que subit leur sol natal, Averia, colonie humaine conquise il y a 20 ans par les Tharisiens.

Tharisia nous raconte Annika Aralia, jeune Tharisienne en lutte contre son gouvernement, contre son peuple, contre ses propres amis et, surtout, contre elle-même.

Malheureusement, toujours en attente d'un éditeur.

Sincèrement,
Patrice Cazeault
***

Ça n'a pas fonctionné, évidemment ;)

La dernière ligne, surtout, a dû lui mettre la puce à l'oreille: «pas d'éditeur, pas d'écrivain».

Y en a qui s'y connaisse mieux que moi en marketing parmi vous. Qu'en pensez-vous? Accroche efficace, à répéter (lorsque j'aurai finalement un bouquin de publié, on s'entend. Ce coup-ci c'était pour rire)? Ou alors c'était totalement inconséquent, inutile et mal-foutu?

Laissez-moi savoir.

lundi 18 juillet 2011

Toujours

Je cours.

Je cours et je calcule mes temps en chansons sur mon MP3.

Je cours et j'estime mes distances d'après les repères visuels du paysage. «Wow, j'ai couru jusqu'à la vieille ferme effondrée!»

Chaque jour un peu plus loin. Un peu plus longtemps. Toujours mettre la barre plus haute.

***

Rappelez-vous, dans mon billet consacré à mes faiblesses, je vous parlais d'une erreur. Qu'en écrivant Averia, j'avais levé le nez sur mes lacunes. Que je m'en étais détourné pour me concentrer sur ce que je considérais comme mes points forts (j'ignore encore lesquels ;)).

Depuis que j'en ai pris conscience, tous les jours, j'essais de trouver le moyen d'affronter ces faiblesses. De les confronter, de les secouer.

En relisant des bouts de Tharisia 2 ce soir, je réalise que j'ai peut-être fait quelques pas dans la bonne direction. J'ai une meilleure idée du genre de descriptions que je veux créer. De comment m'y prendre.
«Fouettée par le vent, je m'effondrai par terre. À ma gauche, les lueurs de Tharis nimbaient les dunes à l'horizon. À droite s'éteignaient les étoiles dans le désert profond.» -Tharisia 2
«Je me secouai, ne pouvant m'empêcher d'éprouver pour la Tharisienne qui s'étalait contre le sable, le visage offert à la nuit naissante, une certaine sympathie. Nous étions semblables. Sauf que moi je vivais et qu'elle s'abîmerait pour toujours dans le désert.» - Tharisia 2
***

Courir m'amène à prendre conscience du passage de l'été.

L'arc que décrit le soleil dans le ciel n'est déjà plus le même. L'odeur de l'air change. Sa texture aussi.

J'en parle à mes collègues au bureau. Tout de suite, ils cliquent sur Meteomedia.ca (le premier lien dans leurs favoris) et me parlent de l'humidex et des prédictions sur 7 jours.

Même sujet, angle différent :)

***

Le chantier de Tharisia 1 ferme bientôt ses portes. J'ai passé au travers des suggestions «simples» de mes bêta-lectrices (reformulations, corrections, répétitions, ...) et je mijote les réflexions «lourdes». Pendant ce temps, je jette une dernière couche: traquer les verbes faibles et autres maladresses de style.

Après, je replace le couvert, et je retourne me frotter à Averia 1. Tout en laissant filtrer quelques notes ici et là pour les deux prochains manuscrits...

Occupé, le gars.

***

«Cool! J'ai couru pendant The Doors, Led Zeppelin, Greenday ( 2x) jusqu'au gros truck orange et l'enclos du cheval qui broutte et je suis revenu en marchant sur du Pink Floyd et Joy Formidable!»

mercredi 13 juillet 2011

Extirpons


Je ne vous oublie pas. Je suis seulement plutôt occupé. Révision, réécriture, re-révision, ...

***

Par désœuvrement, je me suis amusé à calculer le nombre de fois où j'utilisais le verbe «extirper» (soit-disant l'un de mes mots préférés) dans mes manuscrits.

  • Averia 1: 6 fois
  • Tharisia: 1
  • Averia 2: 0 (faudra remédier à ça ;))
  • Tharisia 2: 5
Vraisemblablement, ce n'est pas aussi problématique que je l'imaginais. J'ai encore du lousse!

Va falloir que je cherche d'autres bébittes.

***

Par deux fois la semaine dernière, j'ai été pris de soudaines crises d'inspiration. Dans ma voiture, à me traîner du bureau vers la maison. Deux images. Deux scènes qui me prennent à la gorge. 

Je note, je note. Mais c'est trop tôt. 

J'éprouve le violent désir de lancer le chantier final, d'entamer l'éclatante finale que je prévois à Averia/Tharisia. 

Mais Averia 1 n'est pas encore en état. Ce fichu bouquin, ce goulot d'étranglement que je dois traverser pour enfin pouvoir soumettre les autres.

Au moins, le troisième jet de Tharisia avance à merveille. C'est même anormalement agréable (un gros merci à mes beta-lectrices... inondez-moi de suggestions et envoyez-moi dans les câbles n'importe quand, je vous adore).

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Ahem... billet plutôt hermétique. Je le publie celui-là? Ou je le relègue aux oubliettes comme les deux derniers?

Mon blog ressemble au Chat de Schrödinger.

jeudi 7 juillet 2011

La vie et la croustade

Copine me laisse une note sur le frigo.

Tu me diras ce que tu penses de ma croustade aux pommes!

Je lui réponds.

Moi qui n'attendais plus rien de la vie...
voilà ta croustade...

J'suis juste pas capable de seulement lui dire «C'est ben bon!»

***

Mon manuscrit Tharisia 1 me revient parsemé de petites notes. Plus d'une centaines de suggestions, de reformulations, de corrections.

C'est grisant et intimidant à la fois.

Quel travail colossal.

Beta-lectrice, sache qu'à jamais te voilà investie de ma gratitude éternelle (tel que stipulé dans notre contrat).
Et, comme promis, je te réserve également l'une des toutes premières dédicaces. Quand le bouquin sortira. D'ici les cents prochaines années, assurément.

Merci d'avoir pris soin d'Annika.

lundi 27 juin 2011

Je sais, mais

Ils me parlent d'un gars que les ambulanciers sont allés chercher.
Que l'homme était tellement gros que la civière ne passait pas par la porte. Qu'ils ont dû démantibuler une fenêtre du salon pour le sortir. Que l'un des secouristes s'est fait mal dans le dos. Qu'à l'hôpital, ils s'inquiétaient de ne pouvoir le transporter adéquatement.

Et moi j'écoute le récit, terrifié devant mon cornet de crème glacé. Chaque détail me vrillant le coeur. Conversation surréaliste sur la terrasse d'une petite cantine de quartier.

Je sais que c'est leur métier. Je sais qu'il leur faut développer une cuirasse, une puissante armure contre ces histoires sordides

Mais, alors qu'ils me racontent des trucs techniques, des détails comme le poids que peut soutenir une civière d'ambulance, du nombre d'infirmiers qu'il a fallu pour transférer le patient, moi, je ne peux m'empêcher de m'imaginer ce pauvre homme. De penser sa vie. De deviner ses douleurs et d'espérer ses joies.

Je l'imagine surprendre les regards alors qu'il traverse les couloirs d'hôpital, débordant de chaque côté de sa civière poussée par deux-trois infirmiers costauds. Je l'imagine fermer les yeux et vouloir mourir.

Je me prends à lui souhaiter beaucoup de bonheur. Je lui espère des moments joyeux entre les inévitables périodes de détresse. Je lui invente un petit enfant sur chaque cuisse. Des petits enfants qui ne voient pas le ventre. Ou qui l'aperçoivent comme un immense terrain de jeu.

Je connais mes amis. Je leur connais une grande sensibilité et un coeur gros comme ça. Mais je suis heureux de ne pas être à leur place. Je tougherais pas une journée dans une salle d'urgence...

-Imagine! Une chance que le gars était déjà mort quand les ambulanciers sont arrivés sur place. T'aurais-tu vu ça si en plus il fallait qu'ils se dépêchent pour le sortir de là?
-... Ouin. Une chance qu'il était mort...

mercredi 22 juin 2011

J'ai été...

Criblé de morsures.

Transi.

Égaré à maintes reprises («Recalcul en cours...»).

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Des vacances plaisantes, bref.

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Ai reçu d'autres bouquins pour ma participation aux Milles mots de l'Ermite. Bon sang, c'est payant les troisièmes places.

Il y en a un en particulier qui me souffle. Qui me jette par terre.

Chronoreg, de Daniel Sernine.

Je ne m'attendais pas à ça.

Leçon d'humilité pour le pseudo-écrivain qui vivote en moi.

mercredi 1 juin 2011

Le vent n'en finit plus de souffler

Le vent n'en finit plus de souffler.
D’aplatir les mauvaises herbes dans mes plates-bandes et d'arracher le peu de courage qu'il me reste.

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Évacuation surprise ce matin. Attention attention, ceci n'est pas un exercice. Alarme stridente et stupeur passagère.

À distance sécuritaire, nous attendons patiemment dans la chaleur. Le gros camion de l'équipe d'urgence débarque, des gars en suit (masque, bombonne et cetera) s'engouffrent dans notre bâtiment. Pendant un bon vingt minutes, le vent nous dépeigne.
-Hey... ça compte pas pour notre break, j'espère?

***

Hier soir, j'écrivais (no kidding dirait mon collègue).

Je m'amusais à dépeindre une scène où le père de Myr grattait le fond de sa casserole collée pour y déloger l'omelette qu'il préparait pour sa fille, quand le tout m'a «sauté dans face».

Euh...

L'écriture est plus dynamique et tralala, mais l'action n'est pas resserrée pour deux cennes là.

Même que si je compare, j'ai allongé de moitié le début de l'histoire depuis l'ancienne version.

Hum...

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Retour à la case départ. Encore et toujours!

Je me console. Tharisia 2 pesait 10 000 mots aussi quand j'ai envoyé le premier jet aux oubliettes. Et du résultat final subsiste encore un petit bout de nuage sur lequel je m'accroche désespérément.

Mais ne vous inquiétez pas pour moi. Le moral tient. Je vais aller regarder un peu le ciel couleur fin du monde et surveiller Cabot pour pas qu'elle pogne dans le vent.

Au plaisir, amis blogueurs.

lundi 30 mai 2011

Making Of, suite et fin.

Accélérons-le temps. Oui, c'est en notre pouvoir. N'est pas intangible qui veut, mais il faut bien que nous disposions de quelques privilèges par rapport aux simples mortels. Nous le méritons, je vous l'assure. D'un simple effort de volonté, voilà la terre qui gèle, le vent qui souffle et la neige qui tombe. Notre auteur, reclus dans sa cabane, écrit en accéléré. Il serait jaloux de voir les pages s'empiler ainsi, à la vitesse de l'éclair, sur son écran. Tharisia 2, qui n'en était qu'à ses balbutiements lorsque nous avons quitté notre écrivain miséreux, gonfle, bourgeonne et fleurit en quelques secondes.

Notre regard a bien envie de s'attarder à cette création. Nous désirons voir les joies et les peines de Patrice alors qu'il travaillait sans relâche à cet énième manuscrit. Nous aimerions cibler quelques moments-clés ou même, simplement parce que rien ne nous en empêche, grignoter quelques morceaux histoire d'en découvrir un peu plus sur ce qui peut bien mettre Pat dans tous ces états (franchement, nous croyons qu'il exagère parfois). Seulement, l'objet de notre étude est ailleurs. D'une petite pression supplémentaire, voilà maintenant la Terre qui poursuit la révolution autour du soleil. La neige, qu'on a vu Patrice pelleter en ultra-accéléré (manière subtile de biffer les jurons et les nombreuses menaces proférées au divin), commence à fondre.

Nous sommes vendredi le 15 avril. Trois jours avant la date limite fatidique du prestigieux concours des Milles mots de l'Ermite.

Notre auteur a déjà soumis un autre texte quelques semaines plus tôt. Mais ça ne le satisfait pas. Il a besoin de plus. Observons son air torturé alors qu'il laisse rôtir nonchalamment son grilled-cheese-bacon. J'en ai encore un autre en dedans, fait-il en s'adressant à son auditoire composé d'électroménagers vieillots et de chats indifférents. Y en a encore un autre quelque part là-dedans.

Il mange en tournant en rond. En arpentant cuisine et salon comme s'il s'agissait d'un ancien temple dédié aux cruels dieux de l'écriture et de l'inspiration. Le mouvement, chez lui, est signe d'intense cogitation. La plupart de ses idées lui sont venues sur ce trajet de quelques pas qui le mène de son réfrigérateur à la chaise antiergonomique qui lui sert de poste de commande.

Au passage, il presse quelques touches et fait apparaître «Pourquoi ça ne fonctionne pas». Aussitôt, les doutes réapparaissent, l'assaillent. Mais la puissance de ceux-ci a diminué alors, qu'enfermés avec le reste du fichier dans son ordinateur, ils se sont tuent pendant tout l'hiver. L'idée derrière les lignes, elle, au contraire, a crû. La vision s'est transformée, diluée, assagie. C'est devenu plus mièvre. Tiède et un brin diffus, oserions-nous ajouter.

Nous remarquons qu'il devient plus difficile pour nous d'observer simplement. Maintenant, inexplicablement, nous en venons à vivre un peu plus avec l'auteur. Sa voix et sa perception nous gagne. Peut-être n'avons-nous plus la distance rassurante des quelques mois qui nous séparaient. Maintenant que nous sommes temporellement si près de notre sujet, nous n'arrivons plus à nous dissocier complètement de lui. Nous avons maintenant l'impression que c'est lui qui guide notre regard...

La gamine est toujours en colère, donc, mais l'auteur ne la conçoit plus en train d'exploser. Il est plus intéressant et de meilleur goût de suggérer, par l'attitude de ses interlocuteurs, que celle-ci peut s'enflammer. Dessiner les contours de la relation, montrer par les réactions la nature de l'autorité. Suggérer un monde plus large plutôt que d'en pointer bêtement les limites.

La montrer un brin cassante, mais pas furieuse, contribue également à dépeindre un personnage un tantinet plus mature, pense l'auteur après coup (dissocions-nous à nouveau pour un instant : «Oups!»).

Armé de cette nuance, l'auteur se lance et, franchement, le reste vient tout seul. Le grand sorcier sec, érudit et  condescendant. Son rival vaseux et pas tout à fait honnête. La liste d'ingrédients fantastiques qui sert à camper l'univers et à illustrer la dynamique entre les personnages. L'auteur s'y amuse le temps d'en énumérer trois. Chiffre magique à respecter. Puis il s'attaque à la transition. Il annonce discrètement la fin (il déteste les histoires où le lecteur n'a aucune chance de deviner ce qui s'en vient), puis réalise avec horreur qu'il n'a pas d'espace pour faire vivre convenablement le dernier personnage qui doit révéler à la princesse ce dont elle doit se départir pour ramener son père à la vie.

Patrice a beau retourner la situation dans tous les sens, il n'y échappe pas. En mille mots, il n'a pas le temps de montrer comment et pourquoi les deux conseillers détestent l'ancien vizir. Grrrrrr, grogne-t-il. Première entorse. C'est un vizir et il se tient dans l'ombre. Voilà de belles caractéristiques pour un personnage. On le devine proche du défunt père et cela nuance sa relation avec la princesse. On devra s'en contenter.

Dans l'excitation du moment, l'auteur commet également sa deuxième bourde: il plante dans son texte son verbe préféré... deux fois dans la même réplique, à une ligne d'intervalle.

Extirper.

Les lecteurs de son blog ne devraient pas s'en étonner, Patrice l'utilise à toutes les sauces, ce joli verbe.

Toujours est-il que le compteur tourne. Les mots deviennent précieux. Pat trouve le temps d'écrire encore deux ou trois phrases dont il est particulièrement fier avant de glisser le point (de suspension) final.

La pressions chute, les épaules se relâchent. L'histoire est sortie. Écrite. Extirpée (!!), finalement. Il s'est attelé à la tâche vers 21h00 et il est un tantinet dépassé minuit. Copine apparaît quelques minutes plus tard et lit.

«Pas mal!» juge-t-elle. La réaction est moins violente que lorsqu'elle a lu l'autre texte destiné aux yeux de l'Ermite, mais Pat ne s'en soucie pas.

Confiant, il enregistre le produit final. «Pourquoi ça ne fonctionne pas» devient «Tiède et un brin diffus».

C'est plus joli, et plus vrai. Parce qu'après tout, ça n'a pas fonctionné si mal, non?

Le lendemain, il corrige deux fautes, en laisse passer au moins une ÉNORME, oublie de reconstruire une phrase un peu moche et envoie le tout dans la boîte de l'Ermite.

***

L'auteur nous relâche de ses griffes, de son emprise. À nouveau, nous flottons, libérés de son regard, de ses mots, de sa plume. Valsons un moment autour de sa tête. Nous captons encore quelques pensées, comme des bulles qui pétillent, qui s'échappent de son cuir chevelu. Ce Patrice ne croyait pas une seconde, en rédigeant cette nouvelle, qu'elle saurait se glisser parmi les favorites. Il se rappelle Copine qui sautille de joie lorsque celui-ci lui annonce qu'il a atteint le plateau des dix finalistes. Lui-même ne ressentait pas grand chose, alors. Un sourire, certes, mais il n'y avait pas grand-chose d'autre à espérer.

Il se souvient du bruit qu'a fait son coeur quand il a vu son texte annoncé dans le top trois.

Aie.

Ouch.

Ouf...

Quelques dernières bulles alors que nous nous élevons dans les cieux, abandonnant en dessous notre auteur qui n'en finit pas de se pincer. Merci à Richard. Merci aux lecteurs. Merci aux blogueurs.

Alors que nous disparaissons, nous évaporant subtilement en invisibles particules dans l'atmosphère, dispersées en une fine pluie de petites gouttes de vide dans l'univers, nous attrapons une dernière image de ce Patrice. Nous le voyons qui soupire, visiblement satisfait, un brin mélancolique, peut-être, et qui se penche à nouveau sur son bureau, retournant inlassablement à son travail.

À bientôt, ajoutons-nous une dernière fois.

jeudi 26 mai 2011

Tiède et un brin diffus - Making-Of

Observons-le. Assis sur les marches de son entrée, il surveille en frissonnant le petit chien qui zigzague entre les touffes d'herbes jaunies. Les bras solidement noués ensembles, Pat regrette sans doute de ne pas avoir enfilé quelque chose de plus chaud que sa vieille veste usée. Approchons-nous. Lévitons au niveau de son regard, tout juste devant son visage un peu blême. Ne soyons pas timides. Il ne peut ni nous voir ni percevoir notre présence. L'auteur, vraiment, ne peut nous différencier des quelques moustiques survivants qui tournoient mollement autour de sa tête. Pire encore, nous sommes, à vrai dire, indissociables du vide qui entoure les atomes qui se perdent sous ses yeux.

Le Patrice que nous observons en ce moment traîne avec Cabot en cette froide soirée d'octobre. De son propre aveu, il piétine sur son tout nouveau projet. Il bûche sur les premières pages de Tharisia 2. Il commence tout juste à réaliser qu'il s'est entêté dans une direction qui ne convient pas à son indomptable Annika Aralia. Nous pourrions, je vous l'assure, pénétrer la paroi osseuse de son crâne à cet instant et savourer la tempête neurologique qui y sévit, mais nous n'y découvririons rien de plus détaillé. Non, l'étincelle que nous recherchons se trouve ailleurs...

Voyons. Le ciel est mauve, mais son oeil traîne sur le chien qui broute (elle sera encore malade dans la demi-heure). Son oreille, elle, s'accroche aux accords qui lui parviennent depuis la fenêtre entrouverte au-dessus de lui. Il écoute en boucle les deux mêmes morceaux. Observons. Son regard change. La musique, étouffée par la distance et par les murs de la maison, prend une forme différente. Des notes sont biffées, transformées. La mélodie se déforme.

Je nous sens peu convaincus par la nature de cette étincelle. Peut-être notre perception se trouve-t-elle trompée par le regard dans lequel nous nous incarnons. C'est une possibilité et nous l'admettons humblement. N'empêche que le résultat reste le même: notre auteur se lève précipitamment, rappelle Cabot et retourne se lover contre son clavier. Une idée s'est logée dans son cerveau.

Il s'assoit devant l'écran avec en tête l'idée d'une gamine qui demande des comptes à rendre. Il l'imagine en colère. Il l'imagine engueuler des sous-fifres.

Ses doigts se posent sur les touches. Il écrit la première réplique. Il la veut cinglante. Il l'entend dévastatrice, annonciatrice de châtiment, promesse de vengeance.

-Pourquoi ça ne fonctionne pas?

Ses doigts restent collés un moment. Remarquons. Ses traits changent à nouveau. Il hésite. Puis, plus lentement, il rédige la deuxième ligne.

S'arrête.

Se croises les bras.

Glissons à l'intérieur, si vous le voulez bien. C'est le bon moment. Traversons ses chairs grisâtres et tâchons de mettre en ordre toutes ces impulsions de neurotransmetteurs...
... ce sera bien trop long. Je ne trouve pas le ton. C'est un tantinet ridicule. J'ai envie d'en faire un truc drôle. Mais l'idée est amère. Où trancher? Je pourrai pas faire ce genre de transition en mille mots. J'ai besoin d'autres personnages. Pas assez d'espace. J'ignore quelle direction prendre, dans quel univers figer l'histoire, ce qu'ils ont à se dire...
Ouf, évacuons ce crâne. Nous avons été témoins de ce que nous devions entendre. Les pensées qui suivent, de toute façon, dérivent autour du même sujet. Et le reste est résolument trop intime. Croyez-moi, j'ai regardé avant de nous amener.

Voilà notre auteur qui ferme sa fenêtre de traitement de texte. Seulement, quand on lui demande s'il souhaite sauvegarder son document, Patrice clique sur oui. On ne sait jamais, déchiffrons-nous à travers son haussement d'épaule.

Les deux lignes de texte rescapées se réfugient donc dans les entrailles de sa machine sous le nom évocateur de...
Pourquoi ça ne fonctionne pas?
***

Suite et fin un de ces jours, si intérêt il y a.

samedi 21 mai 2011

Défi Karuna 2

Je le redoutais celui-là ;)

***

L'an dernier, à pareille date, je travaillais sur Tharisia 1.

L'idée s'était immiscée dans mon cerveau embrumé pendant l'une des mes longues nuits de travail à l'usine. Ça m'avait sauté dessus, à l'improviste. Les contours d'un personnage, un visage brisé, en deuil, en colère. Très en colère.

Le genre d'idée qui t'accroche le coeur, qui l'envoie rebondir contre ta poitrine, qui te donne le vertige.

Le genre d'intuition qui te propulse au-dessus des gouffres.

Qui t'anime, te font vibrer.

***

Bref, c'est pendant le défi Karuna 1 que j'ai complété la première partie de ce manuscrit. Prendre ce genre d'engagement m'avait permis de trouver l'énergie et le courage nécessaire pour persévérer dans ce projet, pour jeter les bases de mon histoire et pour nourrir cette fameuse Annika Aralia.

J'ai depuis longtemps compris que je carbure grâce à un savant mélange de motivation, de discipline et de deadlines impossibles à tenir.

C'est donc sans hésitation que je réponds cette année aussi à l'appel de Sylvie Gaydos.

J'en fais la promesse: d'ici la mi-juin, j'aurai terminé la moitié de la réécriture d'Averia 1.

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Ça risque d'être plutôt difficile, par contre :)