samedi 28 mai 2016

Princess Chelsea, The Great Cybernetic Depression

Je vous avais parlé du premier opus ici.

(Préambule au sujet de l'écrite du Projet Western Fantasy et des pistes d'Ennio Morricone que j'écoute en boucle)

... j'écoute donc du Princess Chelsea, que je redécouvre cette année, bien que j'ai écouté son Great Cybernetic Depression pendant une bonne partie de l'été 2015.

La Grande Dépression Cybernétique de Nikkel Chelsea, cette artiste néo-zélandaise que j'affectionne particulièrement est à la fois une toile de fond fascinante pour mettre en scène ses chansons et un prétexte pour aborder l'anxiété et la dépression qui l'affligeait pendant la conception de ce nouvel album.

Pour vous donner tout de suite une idée de l'esthétique (autant visuelle que sonore) de cette Dépression Cybernétique, je vous présente We're so lost.



Du synthétiseur, la voix de Nikkel à la fois aérienne et perçante. Un monde futuriste pollué, laid, mal-famé, qui dépérit. Une fuite vers un monde virtuel envahi par une pub insistante, des couleurs criardes. L'internet de 1998 projeté dans le futur.

Sur une commande du «spectateur», l'écran est peuplé de petites Princess Chelsea virtuelles. Dans un chatroom, un utilisateur commente: «If I have to deal with one more tax drone 2day i'm gonna freak!». Une moitié de robot pousse un chariot d'épicerie à travers la ruelle. À la fin du vidéo, le «spectateur» range sa tablette. Fini la chanson, les couleurs, les Princess Chelsea qui se surimposent sur le décor. Il ne reste plus que la Forbidden Zone et Winston le chat qui se lèche sur un roomba qui n'en finira jamais de nettoyer le secteur.

Je sais pas; ça me parle!



Too Many People

Une chanson sur l'angoisse sociale, sur le ras-le-bol de la communication dans notre ère des réseaux sociaux, saupoudrée de références à cet événement fictif ayant causé ce breakdown, cet écrasement de la société en 2022.

It's been 10 years since anyone were here.

Elle nous parle peut-être du vrai monde, celui que nous n'expérimentons plus que par le prisme d'un écran.

They bitch'n ignoring
Anyone who's talking
About their fucking shit


Et ting! encore une fois. Du cristal.

Elle arrive à chanter cette ligne, ce fucking shit, et nous faire décrocher la mâchoire de surprise.



No Church on Sunday

Cette balade m'évoque la fuite de la jeunesse, de l'insouciance. L'indépendance qu'on recherche en fuyant le foyer familial, qui nous jette dans un quartier mal-famé, qui nous éloigne de la ouate et nous catapulte vers une vie adulte qui nous grafigne au passage.

La nostalgie de cette naïveté, mais la résolution de ne pas retourner en arrière, la sensation d'avoir brisé quelque chose d'important.

Oh, et les personnages qu'incarnent Chelsea à l'écran.

Celle qui chante, son personnage de performer en 2022. Sa présence sur scène, si on veut. Il y a aussi la Chelsea en costume-cravate. Celle qui regrette, celle qui doit assumer ses responsabilités. Et finalement celle qui ressemble à une sorcière avec les cheveux longs, c'est la petite fille, celle qui voulait fuir, celle qui voulait tout détruire, qui voulait briser ses chaînes.

Pendant le vidéo, une tempête se prépare. Le paysage rougit. On voit souvent la Chelsea en costume-cravate derrière un cadre. Elle regrette le passé. La sorcière, elle, précipite l'orage. C'est elle qui appelle les éclairs, qui se réjouit de la destruction autour d'elle, sans penser aux conséquences.

Et finalement...



All the Stars

Ma préférée du lot.

(Il n'y a malheureusement pas de vidéo officiel encore. Celui que je vous propose a été réalisé par un fan et comprend des erreurs au niveau des paroles retranscrites, mais on entend bien ce qu'on veut!)

C'est la plus puissante de l'album, à mon avis. Celle qui me fait le plus réagir, qui m'entraîne dans un tourbillon d'émotions.

Faites-moi plaisir et écoutez-la.

Écoutez la mélodie des paroles.

When the sun came up 10 years ago
We never knew and we never saw
It crept up like a silent rain
With the sudden power of a hurricane
Then the moon came in and the sun did melt
The sky went dark and the Earth it fell
But the stars
They were still shining bright

A sparkle of our dreams at night

Puis Princess Chelsea nous jette dans le fameux ouragan, dans le foisonnement de la trame sonore de cette Grande Dépression Cybernétique. Elle nous plonge dans la frénésie de cette dépression, dans sa beauté, aussi, dans cette folie, dans cette envie de mettre en mots, en musiques, en images, en sons, en souvenirs cette expérience.

La musique tourbillonne, envoie des rappels aux autres chansons. Ça m'évoque l'image d'une vie bousculée par la tempête, aplatie par le vent, par la force et les ravages du temps, entraînée dans un déluge virtuel, vers une perte de sens, d'inadéquation... puis le retour vers un calme aérien, une confiance renouvelée, l'idée que les étoiles continueront à briller, malgré tout.

Bref! faut l'écouter.

Et dites-moi ce que la Grande Dépression Cybernétique de Princess Chelsea vous évoquera comme impressions!



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